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ECONOMIE ET FINANCE

Haïti : La vérité sur les 197 millions?

Les émissions de débat politique du week-end dernier ont en partie été consacrées à la destitution de Michèle Pierre-Louis. La gestion des 197 millions du fonds d’urgence a été au cœur des débats.

Moins de 24 heures après la destitution de Mme Pierre-Louis, le président du Sénat a soutenu que le Premier ministre démissionnaire n’est impliqué ni de près ni de loin dans la gestion des 197 millions de dollars décaissés dans le cadre de la loi d’urgence. La « mauvaise gestion » de ces fonds a pourtant été l’un des motifs de son interpellation, faut-il rappeler.

« La seule reproche que je peux faire à Madame Pierre Louis c’est de ne pas exiger un rapport détaillé de la part de chaque ministre qui avait reçu une enveloppe », a indiqué Kelly C. Bastien.

Pour Mirlande Manigat, qui intervenait sur une station de la capitale, Michèle Pierre-Louis voulait budgétiser les 197 millions de dollars, ce qu’a refusé catégoriquement le chef de l’Etat. « Si cette somme était entrée dans le budget, les fonctionnaires devraient rendre compte devant les deux chambres à propos de leurs dépenses », a martelé Mirlande Manigat.

La constitutionnaliste raconte même que Mme Pierre-Louis a tenté une fois de démissionner, mais le président Préval et la communauté internationale l’en ont dissuadée.

D’un autre côté, des panélistes d’une autre émission, tels que l'ancien sénateur Jean Gabriel Fortuné, Evans Paul ou Me Samuel Madistin ont affirmé que les fonds de la loi d’urgence n’étaient pas gérés par la Primature mais de préférence par la présidence.

Pour étayer leurs dires, ils ont avancé la création du nouveau Centre national des équipements qui a coûté 90 millions de dollars, soit 45 % des 197 millions. Ce nouveau CNE est présenté comme une institution parallèle au MTPTC tout en étant un instrument politique aux mains de René Préval, estiment ces analystes.

« Les sénateurs Lespwa réclament des explications sur des fonds qui ont servi à leur élections. Chaque candidat de la plateforme Lespwa avait un million de dollars pour mener campagne et d’ailleurs, on l’a vu, ils étaient les seuls à mettre des affiches géantes ça et là lors des dernières législatives partielles », a avancé l’un des panélistes.

Michèle Duvivier Pierre Louis, ayant quittée la fonction publique, n’aura ainsi donc aucune contrainte à faire la lumière sur ce dossier brûlant. En attendant, les Haïtiens seront ceux qui, tôt ou tard, auront à payer pour des fonds dont la gestion n’était pas des plus transparentes.

PC/HPN

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