La cause était déjà entendue. Les sénateurs interpellateurs avaient déjà indiqué qu’ils avaient la majorité et que le vote de censure était acquis, que Mme Pierre-Louis ait mal ou bien assuré sa défense. Celle-ci n’a donc pas imité l’exemple de son prédécesseur Jacques Edouard Alexis qui s’était tout de même rendu au Sénat lors de son interpellation le 12 avril 2008 tout en sachant qu’il allait obtenir une motion de censure.
Bien qu’elle n’ait pas choisi de démissionner, la Première ministre avait adressé une correspondance au bureau du sénat pour signifier aux sénateurs qu’elle ne se présentera pas à la séance d’interpellation en les plaçant devant leur responsabilité devant la nation. Ce qui, pour certains, équivalait à une forme de démission.
La preuve était donc bien grande que les sénateurs de la plate-forme « Lespwa » (L’espoir), regroupement sous lequel le président René Préval avait gagné les élections présidentielles voulaient à tout prix renvoyer Michèle Pierre-Louis. Un parfum de revanche.
Chose curieuse, le principal motif de l’interpellation, à savoir l’utilisation des $ 197 millions U.S décaissés dans le cadre du plan d’urgence, était absent des débats.
L’éviction de Mme Pierre-Louis est pour le moins subite. D’autant plus qu’elle intervient à un moment où le gouvernement multipliait les initiatives pour intéresser des investisseurs, haïtiens et étrangers, à venir créer des emplois, installer des infrastructures, réformer l’Etat etc. Un sénateur eut à évoquer un différend existant entre le président de la république et la chef de la Primature.
De l’avis des sénateurs de « Lespwa », le changement de gouvernement était inévitable et s’avérait nécessaire pour le bien de la population. Même s’ils mettent en avant la précarité des conditions de vie dans le pays, les raisons du renvoi de Mme Pierre-Louis ont aussi leur source dans la politique, surtout dans la politique, avancent certains observateurs.