Au cours d’une première intervention, celle qui a été désignée Héroïne de l’Hémisphère 2009 par la PADF le 24 octobre dernier s’était révoltée contre la pratique de la traite des enfants haïtiens dont le nombre est évalué en 2009, selon l’Unicef, à plus de 300 000.
A ce sujet, Mme César avait opté pour le renforcement des lois et des sanctions sévères pour les personnes qui maltraitent les enfants qu’elles accueillent. Une position que des participants ont jugé trop rigide.
La Directrice de l’Institut de développement humain et communautaire (IHCD) a plus loin présenté un bilan du travail réalisé par son institution qui a été qualifiée par la Panamerican development foundation (PADF) de Trésor caché cette année. L’IHCD a pour mission d’éduquer et d’encourager le développement des enfants marginalisés et en servitude en Haïti de façon à les intégrer dans le système d’éducation formelle de la société.
Le public cible est âgé entre 6 à 18 ans et sont victimes de problèmes tels sous-alimentation, non éducation, non accès aux soins de santé. Actuellement, l’institution, créée il y a une dizaine d’année, se charge de 250 enfants et ce, sans aucune aide externe.
« Comment voulez-vous que je sois tolérante quand nous recevons à l’IHCD des enfants de 6 ans avec de sérieux problèmes d’infection vaginale dont l’origine remonte à des rapports sexuels, c’est inacceptable », a déploré Mme César.
Plusieurs autres cas de violence sur enfant ont été pris en exemple. Jean-Robert Cadet, Directeur d’une fondation qui porte son nom, a raconté la récente histoire d’une fillette brûler avec du maïs moulu par son hôte qui a été emprisonné et relâché le lendemain. Le Dr Legrand Bijoux, psychiatre et spécialiste de l’enfant, a pour sa part rappelé le meurtre de Pauline Vital, fillette en domesticité âgée de 8 ans, tuée par sa propre tante en septembre dernier.
Après la formation de quatre ateliers de réflexion, des propositions de prévention, d’accompagnement et d’éradication de la domesticité ont alors été élaborées quant au rôle de l’Etat, des ONG et institutions internationales, du secteur privé et de l’église en vue d’un consensus sur le renforcement de la législation éliminant le système ainsi que les mesures d’application de celle-ci.
Rappelons, en effet, que cette conférence (27-28 octobre) visait à favoriser la synergie des Acteurs Etatiques, des représentants de la Société Civile et ceux des Organisations Internationales, intéressées à la question des Droits des Enfants, dans la recherche de stratégie commune pour éradiquer la traite d'enfants à travers le système Restavèk. Elle entre dans le cadre du projet « Kore Dwa Moun » financé par l'USAID à hauteur de 6.4 millions de dollars américains, et mis en oeuvre par la PADF.
Léopold Ciné
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