Se joignant à la ministre des Affaires sociales et du travail Gabrielle P. Beaudin, David Lindwall a lancé ce mardi 27 octobre la conférence sur l’enfance en domesticité qui s’est tenue à Port-au-prince autour thème : « Conférence sur la problématique du Restavèk : Un dialogue pour l’action ».
Le diplomate, qui représentait à la cérémonie l’Ambassadeur américain en Haïti Kenneth Merten, croit qu’il revient aux Haïtiens de s’unir pour changer la situation des enfants en Haïti, en particulier les « restavèk » (enfants en domesticité).
Ainsi, il a lancé un appel à tous les secteurs de la société haïtienne les invitant à travailler en partenariat avec le gouvernement haïtien et la communauté internationale pour éviter les abus et la négligence dont sont victimes les enfants, selon les principes de la Convention des Nations Unies sur les droits de l’enfant.
« Si vous ne prenez pas les mesures nécessaires, Haïti va devoir en payer les conséquences, dans le cas contraire, les récompenses seront grandes », a plus loin fait comprendre le ministre conseiller, exprimant son optimisme quant aux perspectives d’amélioration de l’économie haïtienne, tout en réitérant l’engagement du gouvernement américain.
Plus loin, plusieurs personnalités importantes ont intervenu sur le phénomène de Restavèk en Haïti, et ce sur différents sous-thèmes parmi lesquels : Le système Restavèk, ses fondements et ses caractéristiques ; les instruments légaux de protection de l’enfant relatifs à la traite ; Cadre institutionnel de protection de l’enfant contre le système Restavèk.
Le panel qui a suscité le plus de débats est celui qui a débattu du «Rôle des ONG et du secteur privé en faveur des enfants Restavèk ». Il a été composé de la Directrice de la Fondation Maurice A. Sixto, Gertrude Séjour, le Directeur du foyer Maurice A Sixto Miguel Jean-Baptiste et la Directrice exécutif de l’IHCD, Nicole Muller César qui vient d’être désignée « Héroïne de l’hémisphère » par la PADF.
Madame Gertrude Séjour, pour sa part, croit que le rôle des ONG est énorme dans l’avancement de cette lutte. La directrice de la Fondation Sixto a même énuméré des tâches qui pourraient être accomplies par ces organisations telles : Faire des recherches pour une meilleure compréhension du phénomène sur ses différents aspects ; faciliter des prises de décisions gouvernementales et faire des plaidoyer pour trouver des résultats.
Cependant, pour le père Miguel Jean-Baptiste, le problème de Restavèk va au-delà des individus mais touche aussi « des pays en situation de domesticité par rapport à d’autres ». « J’ignore si c’est le cas pour notre chère Haïti », a lancé le leader religieux devant l’assistance ébahie.
De son côté, Madame Nicole Muller César, dit considérer la domesticité comme étant un crime et que selon elle les responsables devraient être durement punis. « Je suis pour la tolérance zéro, et pour cela il faut renforcer les lois », a martelé avec beaucoup de vigueur le prix « Héroïne de l’hémisphère » soutenu par un participant qui en a profité pour dénoncer cette politique de multiplier les ONG en Haïti aux détriments des pauvres.
Rappelons que cette conférence (27-28 octobre) vise à favoriser la synergie des Acteurs Etatiques, des représentants de la Société Civile et ceux des Organisations Internationales, intéressées à la question des Droits des Enfants, dans la recherche de stratégie commune pour éradiquer la traite d'enfants à travers le système Restavèk.
La conférence participe à la campagne nationale de sensibilisation contre le système Restavèk baptisée « Yon Ayiti san Restavèk », lancée officiellement par le projet Kore Dwa Moun, le 09 octobre dernier, conjointement avec la Fondation Maurice A. Sixto. Elle entre dans le cadre du projet « Kore Dwa Moun » financé par l'USAID à hauteur de 6.4 millions de dollars américains, et mis en oeuvre par la PADF.
Léopold Ciné
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