Le Premier ministre Michèle Pierre-Louis a bien l’intention de répondre à l’interpellation des sénateurs, a-t-elle confirmé dans un message préenregistré diffusé ce mardi dans les medias de la capitale.
"Si je dois partir, je le ferai la tête haute" a déclaré le Premier ministre indiquant que ses objectifs en acceptant le poste de Premier ministre il y a un an étaient de servir son pays, mais surtout de projeter un autre discours sur l’administration publique, sur le rôle de l’Etat et du gouvernement.
« Personne ne me fera changer d’objectif », a-t-elle ajouté.
L’interpellation est une prérogative des sénateurs qu’elle dit respecter et accepter, mais regrette le manque d’élégance dans la façon de faire des interpellateurs qui ont attendu qu’elle soit hors du pays pour envoyer une lettre d’interpellation à la Primature. Etant rentrée au pays depuis dimanche, elle dit consulter ses collaborateurs pour adopter une stratégie appropriée.
Concernant la gestion des $ 197 millions débloqués dans le cadre du fonds d’urgence, le Premier ministre fait appel à la mémoire des sénateurs et les renvoie aux archives du Parlement. Un premier rapport muni de pièces justificatives, rappelle-t-elle, avait été déposé au Parlement avant qu’elle fut réinvitée à s’expliquer sur la gestion desdits fonds en mai dernier.
Elle réclame toutefois trois audits sur la question. Un de la Cours supérieure des comptes et du contentieux administratif (CSC/CA), un de l’inspection générale du ministère des finances et un autre d’un auditeur externe, ce pour faire définitivement la lumière dans ce dossier duquel elle promet de sortir la tête haute.
Elle avoue par ailleurs sa passion pour le peuple haïtien et sa culture. Elle formule le souhait que ses conditions de vie s’améliorent tout en témoignant sa douleur devant le manque de moyens de l’Etat de subvenir aux besoins de la population.
Personne ne la fera oublier ses engagements envers son pays, plaide-t-elle, en promettant de continuer à travailler à son service.
Plusieurs secteurs se montrent préoccupés par cette interpellation qui pourrait éventuellement déboucher sur le renvoi du gouvernement Pierre-Louis et du même coup une nouvelle crise politique. Une préoccupation que partage la communauté internationale, les Etats-Unis en tête.