Les sénateurs interpellateurs déclarent qu’il n’existe aucune chance pour le chef du gouvernement d’obtenir un vote de confiance le 29 octobre compte tenu de la configuration de la chambre haute. Les sénateurs de Lespwa sont majoritaires au Grand Corps, faut-il rappeler.
Le nouveau sénateur du Nord, Moïse Jean Charles, soutient que le Premier ministre Michèle Pierre-Louis a le choix entre démissionner ou recevoir une motion de censure.
Le parlementaire nie la thèse faisant croire que le chef de l’Etat aurait commandité cette interpellation du gouvernement. « René Préval a même tenté de nous en dissuader. Nous faisons le travail de la population. Quand j’étais en campagne, Lespwa ne m’avait donné que des t-shirts, je peux toujours les rembourser », a indiqué l’ancien conseiller du président pour expliquer l’indépendance de ses actions.
D’autre part, l’ex-Premier ministre haïtien, Gérard Latortue, intervenant de l’étranger sur les ondes d’une station de radio de la capitale, a exhorté les sénateurs interpellateurs à prendre le poids de leur décision.
« Il est très facile de critiquer quand on est à l’extérieur du pouvoir, mais c’est seulement quand on est à l’intérieur qu’on peut prendre acte des difficultés à mettre quelque chose de positif en œuvre en Haïti », a déclaré M. Latortue.
Cette décision des sénateurs de la plateforme Lespwa est loin de faire l’unanimité. « Nous nous approchons de la période électorale, ils savent très bien qu’un gouvernement qui liquide les affaires courantes n’a aucun compte à rendre au Sénat, ils pourront donc en profiter pour puiser dans les caisses de l’Etat pour mener campagne », ont expliqué certains parlementaires.
Rudy Hérivaux, pour sa part, rappelle que la chambre basse convoquée en assemblée extraordinaire ne peut pas se pencher sur la ratification d’un Premier ministre puisqu’il n’a pas été mentionné dans le menu de la convocation à l’extraordinaire. Aussi, prévoit-il, le pays aura un nouveau Premier ministre après les prochaines élections.
De son côté Malherbe Dorvil, un des vice-présidents de la Chambre de Commerce et d'Industrie d'Haïti (CCIH), demande aux parlementaires de se ressaisir et ne pas faire perdre aux pays les opportunités qui s’offrent à lui.
« Dès que les potentiels investisseurs entendent qu’il n’y a pas de gouvernement, ils diront que le pays est instable et ne viendront pas y investir », a-t-il commenté.
Pour sa part le président de la CCIH, Reginald Boulos, conseille aux parlementaires de ne pas envenimer une situation déjà compliquée. Selon l’industriel haïtien, le renvoie du gouvernement aggravera la crise sociopolitique en Haïti.