Les parlementaires interpellateurs répondent aux noms de Wenceslass Lambert, Moïse Jean Charles, John Joël Joseph, trois sénateurs fraîchement élus, et Anacacis Jean Hector. Tous, ils sont élus sous la bannière de Lespwa (Espoir), le regroupement politique du président de la République, René Préval, qui avait défendu en 2008 le choix de Mme Pierre-Louis au poste de Premier ministre.
Ces sénateurs avancent comme motif la difficulté qu’éprouvent des ministres du cabinet Pierre-Louis à fournir un rapport détaillé des 197 millions de dollars du fonds d’urgence post-cyclonique. Ils réclament également des explications sur la politique du gouvernement.
Le principal interpellateur, Wencesclass Lambert, dit déplorer que le budget ne reflète pas les priorités du gouvernement. « Le gouvernement n'a accordé que 15 millions de gourdes de crédit agricole aux agriculteurs alors que la relance de la production nationale est l'une des priorités de l'exécutif ».
Selon le sénateur du Sud-est, il n’y aura pas de crise dans le pays si cette séance se termine par une motion de censure. « Nous sommes majoritaires au Sénat, donc on va très vite renvoyer la première ministre », a poursuivi Wencesclass Lambert dont l’initiative est supportée par deux autres : Judnel Jean de la Fusion et Yvon Bissereth de Fanmi Lavalas.
Cette interpellation pourrait éventuellement déboucher sur un renvoi du gouvernement si une majorité votait une motion de censure.
Actuellement à Stockholm, participant aux Journées européennes de développement, Michèle Duvivier Pierre Louis a remplacé Jacques Edouard Alexis en 2008. Ce dernier avait été renvoyé par un groupe de 16 sénateurs le 12 avril de la même année suite aux « émeutes de la faim ».
Des membres de la population ont réagi à cette interpellation, la traitant de démagogique. Des membres de la communauté internationale se sont prononcés contre cette initiative des sénateurs fraîchement élus.