"Combien de fois avons-nous été esclaves de l’argent, du pouvoir ?" a lancé le curé de la paroisse Ste-Claire dans ce qui a été davantage une affirmation qu’une interrogation devant les membres du gouvernement qui s’étaient rendus à Marchand-Dessalines (dans l’Artibonite) pour la commémoration de la mort de Dessalines, l’un des pères fondateurs de la patrie haïtienne, abattu le 17 octobre 1806.
Qu’avons-nous donc fait des exemples laissés par le père de la patrie qui a pourtant marqué son temps et l’histoire du pays par son esprit et ses œuvres de liberté ? s’est-il par la suite demandé.
Conscient que l’on est, au pays, confronté à des problèmes d’ordres économiques et politiques, l’homme d’église pense toutefois que le premier problème haïtien reste moral. Pour lui, si l’on passe à côté des objectifs de Dessalines, la commémoration du 203e anniversaire de la mort de ce dernier dans la première capitale de l’Haïti libre (Marchand Dessalines) sera vaine, souligne-t-il, ajoutant que cette commémoration doit appeler à un nouveau départ.
Le président Préval pense pour sa part que la cause de tous les maux d’Haïti réside dans le fait que les Haïtiens n’ont jamais pu appliquer la leçon laissée par Jean Jacques Dessalines "L’union fait la force". "L’instabilité politique est un poison", a-t-il affirmé dans son discours de circonstance.
Le désordre et l’instabilité politique ont débuté dès l’assassinat de ce dernier au Pont-Rouge en 1806. C’est l’instabilité politique qui empêche au pays de développer. C’est cette même instabilité qui explique la présence de force étrangère sur le sol que nous a légué Dessalines.
Se disant responsable, le premier citoyen haïtien se prononce une énième fois contre le départ immédiat des forces onusiennes en Haïti. « Tous ceux qui veulent le développement du pays et le départ de la mission onusienne, doivent d’abord s’atteler à stabiliser le pays politiquement. Le remède au poison reste les haïtiens eux-mêmes », parachève-t-il.
Après le discours du Président, les officiels ont emprunté la nouvelle route reliant Marchand-Dessalines à St-Michel en 36 kilomètres. Jusqu’à tout dernièrement, il fallait pas moins de 80 kilomètres pour se rendre de l’une à l’autre de ces communes en passant par Ennery et Gonaïves. D’autres travaux sont promis à la population de Dessalines.
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