Devant un parterre de plus de 200 investisseurs nationaux et internationaux, l’ex-président américain et émissaire onusien a déclaré que c’est un grand moment pour investir en Haiti. Bill Clinton a indiqué que le moment est propice car les risques politiques sont plus faibles ici aujourd’hui que durant tout le temps qu’il a connu ce pays, qu’il y a moins de risque pour les investissements étrangers.
Dans une conférence de presse donnée dans les jardins du Karibe, William Jefferson Clinton encourage les investisseurs à profiter des avantages offerts à Haiti et, dans une véritable opération de charme, a appelé ces derniers à l’aider à faire la promotion du pays à l’extérieur au cours de ce forum d’investisseurs qui a démarré ce matin dans la salle Acajou de l’hôtel Karibe, à Pétion-ville, par le discours du Premier ministre Michèle Duvivier Pierre-Louis.
Le Premier ministre haïtien a ouvert cette grande réunion avec son appel du 14 avril dernier à Washington à la conférence des bailleurs où elle prônait un nouveau paradigme de coopération qui consistera à sortir de l’assistanat pour engager le pays dans la voie de l’investissement productif, compte tenu des efforts réalisés par son gouvernement pour créer un climat favorable aux investissements.
L’intervention de Mme Pierre-Louis a porté sur les avantages comparatifs et opportunités d’investissement en Haiti. Parmi ces avantages, elle cite l’immense accès au marché américain, du Canada, de la communauté européenne et du Caricom, la proximité des USA pour tirer avantage de la loi Hope dans le domaine du textile, une diaspora haïtienne disposée à investir dans le pays, une main d’œuvre nombreuse disposée à apprendre et à travailler, des entrepreneurs haïtiens, potentiels partenaires dans les secteurs compétitifs, des avantages fiscaux, etc.
Mme Pierre-Louis souligné, entre autres, l’amélioration du nouveau routier, de la fourniture en électricité, le rétablissement de la sécurité, le vote de lois pour réguler le système judiciaire, et bien d’autres mesures pour rassurer les éventuels investisseurs en Haiti, « ouverte aux affaires ».
Aujourd’hui, investir en Haiti est possible et le gouvernement continuera de prendre des mesures en ce sens, a rassuré le Premier ministre.
Sur la même lancée, la ministre du Commerce et de l’Industrie, Marie-Josée Georges Garnier a évoqué le climat des affaires et des investissements en Haiti propice aux affaires aujourd’hui.
« Haiti chemine sans aucun doute sur la voie du développement », s’enthousiasme Mme Garnier qui ajoute toutefois que les structures juridiques doivent être renforcées.
Pour l’ambassadeur canadien, Gilles Rivard, l’événement apporte un vent d’optimisme en Haiti, mais tempère-t-il, il n’y aura pas de changement fondamental sans l’augmentation du revenu de l’Haïtien moyen ».
« La seule façon d’y parvenir est de créer des emplois et d’encourager des investissements. Les gens d’affaires réunis ici peuvent contribuer à faire la différence », ajoute le diplomate canadien qui appelle la diaspora à investir en Haiti.
Après cette première phase de la conférence internationale, plusieurs ateliers se sont ensuite formés sur Secteur vestimentaire, l’Agro-industrie et l’Energie, trois secteurs qui intéressent particulièrement les investisseurs.
A rappeler que cette réunion internationale d’affaires se déroule à Port-au-Prince les 1er et 2 octobre sous les auspices de la Banque interaméricaine de développement. Elle rassemble des centaines de businessmen venus des pays de l’Amérique Latine et du nord. Certains venaient notamment du Canada, des Etats-Unis, du Brésil, du Venezuela, de la république dominicaine et d’autres pays de la Caraïbe.
La première réunion de travail s’est tenue ce jeudi en présence de l’envoyé spécial de l’Onu, Bill Clinton, du président de la BID, Luis Alberto Moreno, d’officiels haïtiens et étrangers, de représentants du secteur privé haïtien et des centaines d’entrepreneurs étrangers.
Pour sa part la Banque mondiale a annoncé 1.3 million de dollars US d’aide à l’investissement qui devraient contribuer à créer 9 000 emplois sur une période de deux ans. La BID, elle, promet 25 millions de dollars pour l’amélioration du réseau routier du Sud.