Manifestations pacifiques ou violentes, arrestation ou exclusion d’étudiants, année académique troublée, violation de l’espace universitaire, René Préval dit chercher une solution à la longue crise de l’Université d’Etat d’Haïti (UEH).
Peu avant son départ pour participer à la 64ème assemblée générale de l’Onu à New-York, le président René Préval a publié une note dans laquelle il annonce la création d’une commission de 7 sept membres avec pour mandat de proposer une sortie de crise dans un délai de 30 jours.
Le chef de l’Etat dit avoir vainement attendu que les parties en présence trouvent une issue à cette crise qui a débordé du cadre universitaire. En tant que garant de l’ordre public, il se doit d’intervenir pour le rétablir.
Après des consultations avec divers secteurs concernés par ladite crise, le président crée une commission composée de membres de la société civile : Rose-Anne Auguste, Josseline Colimon Féthière, Emile Hérald Charles, Jean Alouidor, Mathias Pierre, Fritzo Canton et Hérold Jean François, pour favoriser le dénouement de l’opposition farouche entre des étudiants et le rectorat de l’Université.
D’autre part, la commission devra également produire une réflexion sur les problèmes urgents qui concernent l’enseignement supérieur.
Depuis avril, des étudiants de la faculté de médecine ont réclamé le départ du décanat et de meilleures conditions d’étude. Ces revendications, ajoutées aux manifestations pour l’augmentation à 200 gourdes du salaire minimum, ont entrainé des opérations de casse dans la capitale haïtienne et un usage jugé excessif de gaz lacrymogène par les forces de l’ordre.
Face à la détermination des étudiants protestataires, le décanat de la faculté de Médecine et le Rectorat de l’université ont autorisé une opération nocturne de la police nationale pour déloger les étudiants qui auraient assiégé ladite faculté.
La police a du intervenir une 2e fois en plein jour pour évacuer une dizaine d’étudiants qui s’étaient allongés à l’entrée de la faculté de médecine. Dans le même temps, les étudiants de la faculté des Sciences humaines et de l’Ethnologie apportent leur plein soutien à leurs collègues de la faculté de Médecine.
Le décanat de l’Ethnologie annonce la fermeture de la faculté, tandis qu’une patrouille de la police campe devant la faculté de Médecine également fermée.
La commission a 30 jours pour dénouer cette situation complexe. Les étudiants protestataires exigent le renvoi du rectorat de l’UEH et du décanat de la faculté de médecine. Ce dernier a interdit une trentaine d’étudiants de fréquenter cette faculté pendant deux ans, tandis que 10 autres étudiants ont été tout simplement exclus.