À la demande des présidents des deux bureaux lors de l’ultime séance en assemblée ordinaire de la chambre basse, 71 députés et 21 sénateurs ont voté dans la soirée du lundi 14 septembre sur l’opportunité d’amender la constitution de 1987. Un nouveau document a été proposé auparavant par le chef de l’Etat pour ne pas faire échouer le processus.
Au terme d’une réunion de 5 heures entre le président de la République et une vingtaine de parlementaires, sénateurs et députés ont finalement accepté de déclarer, au cours de deux séances consécutives, qu’il y a lieu d’amender la constitution comme prévue par la charte fondamentale du pays.
Cependant, quelques heures plus tôt, c’était le flou total sur la position des parlementaires. En effet, plusieurs ont exprimé leurs craintes face aux propositions de René Préval. Le chef de l’Etat a tenté de les rassurer en déclarant qu’il n’a nullement l’intention de briguer un troisième mandat.
« Il nous a même demandé d’éliminer toutes les propositions qui laisseraient croire qu’il pourrait postuler pour troisième mandat », a rapporté un parlementaire. Ces derniers se sont réjouis du fait qu’ils aient pu poser cet acte constitutionnel en temps et lieu.
Le député Cayes/Ile à Vache a, toutefois, tenté en vain de convaincre ses collègues des faiblesses et des points d’ombres du document proposé par l’Exécutif. D’ailleurs, il est le seul à voter contre la nécessité d’amender la constitution. « C’est de l’infantilisme parlementaire », a tempêté Jean David Génesté, pour prévenir ces collègues devant leur enthousiasme à passer au vote.
Puisque les deux tiers de chaque chambre ont voté qu’il y a lieu d’amender la constitution, le gros du travail reviendra à 49e législature qui devra statuer sur la formulation des textes de loi amendés tout en ayant un regard sur les différentes propositions.