HAITIPRESSNETWORK : Sur quoi s’appui ce mouvement dont vous parlez ?
Garcin Malsa : En fait, je suis le responsable du mouvement international pour les réparations. Il s’agit d’un mouvement créé à la suite de Durban, une conférence internationale organisée par l’ONU en Afrique en 2001 contre la xénophobie et le racisme. Dans cette conférence, tous les afro-descendants sont montés aux créneaux pour dire autant qu’on a réparé les crimes qui ont été commis contre certains peuples, autant la réparation se justifie vis-à-vis des afro-descendants dont les ascendants esclaves ont été massacrés et mis hors-humanité. Envers ces esclaves, un crime abominable a été commis, le plus grand de toute l’humanité. HPN : Pensez-vous qu’Haïti, en tant qu’ancienne colonie française, en est tout aussi bien concernée ?
GM : Puisqu’il y a eu crime et reconnaissance du crime aujourd’hui par la France, il faut le réparer. Donc, se pose aujourd’hui la question de réparation. Je suis en ce moment l’un des fers de lance dans la lutte pour la réparation. Elle doit se faire pour Haïti, la Dominique, la Martinique, la Guadeloupe, bref, tous les pays qui ont connu l’esclavage, la traite négrière. HPN : Où en est le mouvement au moment où nous parlons ?
GM : Aujourd’hui, le Mouvement international a assigné l’État français devant les tribunaux depuis 2005 pour demander réparation. Cette assignation est en cours, nous nous appuyons sur la Loi Tubia qui a été votée à l’unanimité par le parlement français en 2001. Cette loi reconnait que l’esclavage et la traite négrière sont des crimes contre l’humanité.
Propos recueillis par Léopold Ciné Depuis Sainte-Anne, Martinique
Retrouvez la totalité de cette interview dans le prochain numéro du magazine Vues d'Haïti/Panoramag.