Nous étions cinq à bord d’un véhicule tout terrain. Il nous a fallu plus de trois heures de temps pour faire le trajet Port-au-Prince/Saint-Michel.
Les rumeurs de pluie et de tempête qui s’annoncaient à nos oreilles nous ont obligé à réexaminer les treize cours d’eau qu’on avait à affronter avant d’atteindre Saint Michel.
Mais avant, faisons un gros plan sur la traversée des villes du bas et haut Artibonite. A commencer par la ville de Saint-Marc, qui dans le temps pouvait rivaliser de beauté avec Jacmel. Malheureusement aujourd’hui la ville de Nissage Saget est très défigurée et presque totalement abimée.
Il en est de même des Gonaïves dont les principales rues sont toujours boueuses et peu pratiquables. Les jeunes de la cité de l’indépendance offrent un sourire plutôt forcé aux visiteurs… Malgré cette morosité, ça bouge dans cette ville gigantesque de 300.000 habitants, si l’on y inclut la plaine des Gonaïves. Les boìtes de nuit fonctionnent à plein rendement. Les filles sont belles, belles à croquer. C’est difficile de penser à la pluie, au mauvais temps, aux cyclones lorsqu’on pose le regard sur ces beautés volcaniques
La jeunesse intellectuelle des Gonaïves, avide de science et de savoir s’active beaucoup. Et la bourgeoisie de cette ville historique n’entend pas baisser les bras. Même les principaux hôteliers et restaureurs du fief de Jacques Stephen Alexis se sentent suffisamment ruinés pour oser tout de même sourire encore.
On se souviendra des grappes de villes chargées d’émotions qui nous ont montré leurs charmes discrets ; Ennery par exemple, si chérie par Toussaint Louverture.
Et puis, nous voici à St Michel de L’Attalaye, une ville en plein adoquinage où la vie nocturne est délirante. Au moins cinq discothèques ou night-clubs peuvent vous envoyer au septième ciel.
L’Artibonite, à cause de son histoire, en raison du don d’accueil de sa population, conserve un potentiel touristique. J’ai dormi comme un roi chez la mairesse de Saint-Michel, Lisette Casimir.
J’ai visité la maison de Brizard, l’un des plus grands collectionneurs de bouteilles d’alcool du pays et ceci de toutes les marques. Bref, je garde un profond souvenir de mon week-end passé à Saint-Michel. Et, j’aimerais que toutes les villes de l’Artibonite conspirent cette année contre la pluie et le mauvais temps.
Dominik Ba-tra-ville